En randonnée dans les Appalaches

Il faut six mois pour traverser ces montagnes boisées où rôdent les ours. Mais on peut se contenter d’emprunter les plus beaux tronçons du sentier principal.

Le sentier des Appalaches ? « Ça ne semble pas le bout du monde, juste l’enfer » (Bill Bryson – Promenons-nous dans les bois)

Il est vrai que ce chemin de randonnée vient à bout des semelles les plus épaisses. Quelques chiffres le prouvent : une longueur de 3 510 kilomètres, quatorze États traversés, un dénivelé cumulé de 157 kilomètres, soit seize fois la hauteur de l’Everest.

Sur les quatre millions de marcheurs qui l’empruntent chaque année, seule une poignée, les « thruhikers » (vrais randonneurs), le parcourent en entier, au prix de six mois d’efforts. les autres se contentent de suivre des tronçons en fonction de leur niveau.

Du sud au nord – le sens de marche habituel, à cause du climat – il y en a pour tous les goûts. La piste serpente d’abord sous les érables de Géorgie, enjambe des rivières à truites et entre dans le parc de Great Smoky Mountains, dans le Tenessee, aux forêts peuplées d’ours noirs. Cette section, la plus sauvage et la plus isolée, inclut l’ascension du Clingsmans Dome, point culminant du trajet (2 025 mètres).

Le sentier sillonne ensuite la Virginie en une série de montagnes russes qui dévoilent certains des plus beaux paysages des Appalaches : vallées fleuries d’azalées et de rhododendrons, bois de chênes qui flamboient à l’automne, lacs paisibles où s’abreuvent les cerfs.

Après avoir franchi le fleuve Potomac, le parcours devient plus facile aux lisières de Baltimore, Philadelphie et New York. Puis il replonge dans la forêt et grimpe en pente douce jusqu’aux plateaux érodés des Berskhire. Au-delà, le chemin passe au-dessus de la ligne des arbres pour suivre les crêtes accidentées des White Mountains.

Ultime difficulté : ce que les vétérans des Appalaches appellent la Hundred Miles Wilderness ( les 160 kilomètres), une harassante progression entre des lacs d’altitude et des torrents déchaînés, qui aboutit au mont Katahdin, le plus haut sommet du Maine ( 1 606 mètres) et terme du sentier.

Conseils aux voyageurs

  • Quand partir ? La plupart des tronçons peuvent être parcourus du printemps à l’automne. Mars et avril sont plus cléments en Géorgie que dans le Maine, ce qui explique les marcheurs au long cours, comment parle sud pour finir au nord.
  • A savoir : le sentier est jalonné de 250 refuges et sites de campings. Emportez un « bear canister », un gros bidon en plastique pour préserver votre nourriture des ours.

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