Madère, l’île d’abondance

C’est une terre de Cocagne dans l’Atlantique: fleurs tropicales et arbres fruitiers y prospèrent sans compter sa vigne qui lui a donné son vin célèbre…

Les huit îles de l’archipel de Madère s’ancrent au milieu de l’Atlantique, à 500 kilomètres des côtes du Maroc et à 900 de celles du Portugal, le pays qui l’administre. Elles forment les sommets d’un volcan sous-marin de 6 000 mètres d’altitude, d’ont l’éruption débuta il y a 4,6 millions d’années et ne s’acheva qu’en 4500 avant J.-C.

Madère, l’île principale, accueille sa plus haute cime, le Pico Ruivo, dressé à 1 862 mètres d’altitude. Ses collines escarpées et ses falaises composent des paysages spectaculaires. Couvrant les deux tiers de son territoire, l’unique parc naturel préserve la plus grande forêt primaire de lauriers encore existante au monde ( 15 000 hectares). Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1999, elle recèle de nombreuses plantes et animaux endémiques, comme le pigeon trocaz, emblème de l’île.

La richesse de la forêt est sans doute la raison pour laquelle le navigateur portugais João Gonçalves Zarco baptisa cette terre ‘ » L’Ilha de Madeira » (l’île du Bois) lorsqu’il la découvrit en 1418. Toutefois, les premiers colons en défrichèrent une bonne partie. Le versant nord étant plus exposé aux pluies, ils y construisirent des « levadas », des canaux destinés à irriguer le reste de l’île. Jalonné de tunnels et d’aqueducs, ce réseau de voies d’eau s’étend désormais sur 2 170 kilomètres, et les chemins qui les longent constituent autant de sentiers de randonnée panoramique.

Grâce au climat qui varie fortement avec l’altitude, Madère prend des airs de pays de cocagne. Sur les côtes poussent en abondance des fruits que l’on trouve généralement sous des latitudes plus tropicales, telles les bananes et les papayes. Une foule de fleurs s’y épanouissent : bougainvilliers, jacarandas, myosotis et un jasmin local, le « Jasminum azoricum », une espèce aujourd’hui menacée d’extinction. Les hauteurs, elles, sont dévolues aux fraises ou au raisin. Étagées sur les « poios », d’étroites terrasses, les vignes donnent le célèbre madère, dont les cépages, majoritairement blancs, se répartissent en six appellations : Sercial, Malvasia, Terrantez, Tinta Negra, Boal et Verdelho. Son processus de maturation fut découvert par hasard.

Au XVIe siècle, le vin voyageait vers les Indes et les Amériques dans les cales des navires.Des semaines de tangage…et le passage de l’Équateur qui accélérait son vieillissement et le faisait fermenter comme dans une étuve. Les vignerons madériens mirent alors au point une technique de chauffe, appelée « estufagem », qui reproduisaient ces conditions de mûrissement. Très vite, le vin de Madère devint populaire, notamment auprès des Anglais qui occupèrent l’île de 1807 à 1814, à la suite des guerres napoléoniennes.

Le nectar plaît encore au million de visiteurs annuels, tout aussi séduit par ses traditions locales tel le « bailinho da Madeira », une danse accompagnée du « rajão », une petite guitare qui, importée à Hawaï par les Portugais, sera à l’origine de l’ukulélé. Et à défaut de plages, les amateurs pourront admirer les baleines et les dauphins qui croisent au large.

Conseils aux visiteurs :

  • Quand partir ? Madère est ensoleillée toute l’année (26° C en moyenne en août). Les mois de mars, avril, septembre et octobre sont les plus pluvieux.
  • À voir : le panorama depuis le Pico Ruivo, point culminant de l’île, auquel on accède au terme d’une marche de quarante minutes.
  • Ne pas oublier : évaluez bien le niveau des difficultés des randonnées que vous prévoyez , certains sentiers se montrent assez escarpés.

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