Tikal, capitale des Mayas

Tikal, la cité précolombienne dresse dans la forêt tropicale ses temples , palais et pyramides. Un monde perdu découvert en 1848.

Édifiée à partir du IVe siècle avant J.-C. dans le bassin du Petén, au nord de l’actuel Guatemala, Tika d’or, est l’ Angkor Vat des Amériques. Durant son âge entre 200 et 900, la capitale du plus puissant royaume bâti par les Mayas domina, depuis cette région, toute la péninsule du Yucatán, au sud du Mexique.

Au sein de cette civilisation précolombienne, la cité-Etat joua un rôle prédominant sur les plans militaire, politique et culturel. Mais après l’écroulement de l’empire maya, à la fin du Xe siècle, ses quelques 100 000 habitants, l’abandonnèrent et la jungle l’engloutit. Ce n’est qu’en 1848 qu’une expédition découvrit ses ruines, et il fallut attendre encore plus d’un siècle pour qu’elles fassent l’objet de fouilles sérieuses.

Aujourd’hui, Tikal constitue l’une des attractions touristiques majeures du Guatemala. Sa partie principale, ouvert à la visite, s’étend sur 16 kilomètres carrés, et regroupe la plupart des monuments dignes d’intérêt. Au centre, la Grande Place s’entoure de quatre ensembles architecturaux. Coté est, le temple du Grand Jaguar lance vers le ciel sa structure pyramidale à neuf degrés , surmontée d’une crête qui culmine à 47 mètres de hauteur. Érigé vers 734 , il héberge le tombeau de Jasaw Chan K’awiil , surnommé le « Seigneur Chocolat » , vingt-sixième roi de la dynastie de Tikal , qui en compta au moins trente-trois. Face à lui se dresse , sur 38 mètres , le temple des Masques , probable sépulture de son épouse Lachan Unen Mo’. Au nord , on accède à un empilement de bâtiments plus anciens flanqués d’escaliers , et qui servirent à d’autres inhumations royales. Au sud , enfin, l’Acropole centrale aligne sur 215 mètres plusieurs palais ouverts sur des patios, utilisé comme résidences honorifiques mais sans doute aussi par l’administration.

Au sud-ouest de la Grande Place , se trouve un deuxième complexe de trente-trois structures , dont une pyramide de 30 mètres ornées de masques en stuc à l’effigie du dieu Soleil. Ce groupe fut baptisé  » Le Monde perdu » , car au moment de sa découvert , la végétation luxuriante qui l’envahissait rappela aux archéologues l’ambiance du livre éponyme de Conan Doyle , le créateur de Sherlock Holmes.

D’autres sanctuaires sont disséminées alentour , dont , tout à l’ouest , le temple IV , le plus haut édifice précolombien (65 mètres) . Son sommet offre une vue saisissante sur la totalité du site. Entre ces différents bâtiments , des sentiers courent à travers un parc national , à l’ombre des grands kapokiers , l’arbre sacré des Mayas. Cette profusion de monuments ne constitue que la partie émergée de l’iceberg : à son apogée , la cité s’étendait sur plus de 60 kilomètres carrés , dont une infime partie a été dégagée et fouillée.

Pour accéder à Tikal , il faut prendre le bus dans la ville de Flores , à une soixantaine de kilomètres plus au sud. La plupart des compagnies proposent un aller-retour dans la journée, avec un départ tôt le matin. Le must est de passer la nuit dans un des rares hôtels situés à l’entrée du parc. Les prix sont élevés , le confort quelconque , mais on est sûr d’être en haut des pyramides à 6 heures , quand les premiers rayons du soleil réveillent les cris des singes-araignées et dorent les vieilles pierres.

Un monde disparu qui , soudain , renaît.

Conseils aux voyageurs

  • Quand partir ? En hiver , quand la chaleur est supportable , et les pluies plus rares. Préférez novembre ou février, en raison des grosses affluences de décembre et janvier.
  • A voir : les deux musées de Tikal , qui exposent des nombreuses stèles sculptées trouvées dans les ruines.
  • A savoir : le site est entouré d’un parc national de 575 kilomètres carrés, propice à de nombreux treks au cœur de la jungle.

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